Sourcesvives

Comme l'étoile filante, le mirage, la flamme, l'illusion magique, la goutte de rosée, la bulle sur l'eau; comme le rêve l'éclair ou le nuage: Considère ainsi toutes choses.

Buddha

 

 

cat

La dispute

Deux rats se disputent
pour un morceau de lard
qu'ils avaient trouvé par hazard.
Un chat survient au bruit,
les prend et les dévore.
S'il avaient en amis
et comme ils l'auraient dû
partager le butin qui leur était échu,
le chat ne serait pas venu
et nos deux rats vivraient encore.
Les brailleurs, vous avez entendu?

Le regard

Le regard est la fenêtre de l'Âme,
le miroir de Dieu.
Le regard est notre lumière derrière les yeux,
éclat d'une brillance paisible et profonde,
Transparence qui irradie,
pénètre l'autre par sa douceur
en produisant dans tout son être
un tremblement discret,
signe d'un face à face,
d'une communication véritable. Le regard de l'Homme de Lumière
semble totalement présent, tout écoute,
il n'observe pas mais contemple
avec une sérénité qui rend joyeux et beaux,
il est l'oeil du séraphin
qui discerne dans la plénitude de l'instant.
La globalité de l'Être
on y lit aucun trouble, aucun désir sournois,
ni magnétisme, ni menace,
aucune volonté de puissance,
ce n'est pas un regard qui vous emporte à la dérive dans un monde sans structure,
mais bien le regard d'un homme transfiguré
qui perçoit le mystère de l'origine
et le reflète.

Tu es tout

Tu es tout
Parler avec toi est une Joie
Rester silencieux avec toi
Est aussi une joie
Ouvrir les yeux est une joie
Les fermer est aussi une joie
Tout ce que tu donnes
Je l'accepte avec joie
Quand tu ne donnes rien
C'est aussi la joie
Te prier et être exaucé
Est une joie
Ne rien te demander
Est aussi une joie
Oh!
Avec toi c'est la joie
Sans toi c'est aussi la joie

MATAJI KRISNABAI

Om

La syllabe sacrée
« om », ou « aum »
Symbolise le son primordial,
le verbe éternel créateur.
Source du commencement des temps,
«om» contient tout
ce qui a été, est et sera.
Il est l‘essence de l’univers entier.

C’est le mantra le plus précieux qui soit.
Pratiquez et vivez «om»

Om est souvent comparé à la flèche
dont la pointe est la pensée traversant les ténèbres de l’ignorance pour atteindre la lumière de l’état suprême.
 

Le trait de pinceau

Voulez vous savoir où est la route des nuages
Elle est là au milieu du vide
Le soir la musique des pins entre par la fenêtre
Je sens maintenant une grande paix m’envahir,
Je purifie mon cœur et mes oreilles du bruit du monde.
Quand l’extase est passée,
je redescends de la montagne.

Bleu subtil, captif des nuages et de la brume.
Le son des cloches des monastères
Au fond de mon cœur éveille des résonances.
Les dix milles choses se trouve en nous au complet

Je suis fou des pierres……
Si je rencontre une falaise abrupte je me sens revigoré
Que votre cœur soi vide et dégagé,
sans la moindre poussière,
Et le paysage surgira au plus intime de vôtre âme.
Crée en toi le vide, parfaitement;
Préserve ta sérénité pleinement;
Maintient la quiétude intégralement;
Toutes choses peuvent alors surgir à la fois.

 

Soyez votre propre lumière, votre propre refuge
N’ayez en quête de refuge que vous même
Ne vous occuper pas des façons de pensée des autres
Tenez vous dans votre île à vous,
Collés à la contemplation.

L‘être et le néant s’engendre l’un l’autre
C’est seulement quand on est loin du monde poussiéreux que commence la contemplation inlassable de la nature,
L’amour profond du paysage,
les chants de la montagne et des eaux.
Quand on est lointain, on arrive au cœur de la nature.
On écoute la pluie le vent comme de la musique
On invite le nuage à être notre compagnon.

Ah l’univers entier dans une fleur de lotus !
Vide, un et silence,

Cela s’appelle la grande limpidité et la grande clarté.

La méthode de la purification de l’esprit consiste en ceci
D’abord, se concentrer ne pas écouter par l’oreille
Mais par l’esprit ne pas écouter par l’esprit
Mais par le souffle.
Montagne vide
Plus personne en vue
Seulsl’écho des voix
Résonnant au loin
Rayon du couchant
Dans le bois profond
Sur les mousses
un ultime éclat vert
 
Fabienne Verdier

Le serpent qui n'osait plus siffler

Dans une contrée de l’inde où quelques bergers faisaient paître leurs vaches, il y avait un terrifiant serpent venimeux. Par crainte de ce serpent, les gens se conduisaient avec infiniment de prudence. Un jour, un brahmacâri (érudit) passait dans la région.
Les bergers lui dirent : « homme vénéré, évite cet endroit où tu risques de croiser un terrifiant serpent venimeux. »
Il répondit : « Aucun problème, je lui enseignerai les mantras. » Et l’homme se dirigea vers l’endroit à éviter.
Par peur, personne ne l’accompagna. Quand il arriva, le serpent se précipita sur lui le cou dilaté.
Le brahmacâri prononça un mantra et le serpent s’affaissa à ses pieds comme un simple vers de terre.
L’homme lui dit : «Je vais te donner un mantra, si tu en fais ta litanie, tu n’auras plus besoin d’utiliser la violence. Ce mantra sera ta pratique spirituelle (sâdhana) et tu seras délivré de toute violence.»
Le serpent reçut le mantra et se prosterna.
Prenant congé le brahmacâri dit : «Je reviendrai »

La lumière de l’eau

La goute d’eau s’était posée nue au cœur de la feuille.
En osmose, elle respirait le végétal et son émotion.
Elle captait l’histoire, les menaces et les merveilles du lieu.

Comme un enfant au cœur de son berceau, elle s’adaptait, curieuse, pleine de vie et de sagesse, et continuait sa quête de sens.

Comme l’être devient âme lorsqu’il accepte son histoire pour mieux la transformer,
En entrant dans le temps et sans tricher, la goutte imprégnait totalement ses molécules
De la réalité.

Elle rafraîchissait la feuille des chaleurs passées et futures et se nourrissait
D’informations nouvelles, elle qui ne connaissait pas la mort, mais
Simplement la transformation.

Lorsque le végétal eut une pensée trop sombre, elle attendit le soleil entre deux nuages
Et se fit perle de lumière pour le réconforter.
La plante appréciait cette nouvelle charge qui la faisait légèrement plier.
Protectrice et heureuse de cette union, elle détendit ses nervures pour que la goutte
Prenne plus de place.
Elle se réjouissait de cette régénération apportée par cette intruse bien intime.

Mais la goutte d’eau n’était qu’une invitée s’imprégnant d’une histoire.
Il lui fallait quitter cette famille pour un plus grand chemin, celui du choix éprouvé.
La feuille se détendit encore dans un bonheur de paix.
Elle ne put alors retenir la goutte qui avait ‘autres ambitions.
Naturellement l’eau choisit la chute vers le bas, vers l’imprégnation totale,
Tomba à terre et disparut.

Dans les ténèbres de la terre, lorsqu’elle ne fut presque plus rien, elle se donna
Dans un orgasme qui la transforma et lui fit goûter l’immatériel.
Elle se convertit à l’union.
Elle qui avait appris la chute, choisit la remontée et fit connaissance avec le minéral
Qu’elle épousa, avec le végétal qu’elle anima, avec l’animal qu’elle stimula ;
Quand elle fut en amont de la parole, en toute connaissance de l’union,
Elle permit à l’homme d’exprimer l’amour.
Et cela libéra la beauté.

Georges Didier

L’être devient âme lorsqu’il accepte son histoire.

Les deux loups

Un viel indien initiait ainsi
son petit fils à la vie:
"Une lutte est en cours à l’intérieur de moi,
disait-il à l’enfant.
C’est une lutte terrible entre deux loups.
L’un est plein d’envie; de colère, d’avarice,
d’arrogance, de ressentiment, de mensonge,
de supériorité, de fausse fierté.
L’autre est bon, il est paisible,heureux, serein, humble, généreux, vrai et rempli de compassion.
Cette lutte a aussi lieu en toi, mon enfant et en chaque personne.
Le petit-fils réfléchit un instant
et interrogea son grand-père:
- Lequel de ces deux loups va gagner la lutte ?
Le viel indien répondit simplement:
- Celui que tu nourris.”

Tradition amérindienne

Les deux moines

Deux moines voyagent ensemble
  sur une route boueuse et
il pleut beaucoup
Soudain ils virent une belle jeune fille, vêtue d'un magnifique sari qui n'arrivait pas à traverser.
"Attendez je vais vous aider !"
dit l'un. Et soulevant la jeune fille
il la porta au dessus de la boue.
L'autre ne dit rien jusqu'au soir,
mais lorsqu'ils s'arrêtèrent pour la nuit dans un temple, il s'écria:
'Nous les moines,
nous n’approchons pas les femmes
et surtout celles qui sont jeunes et belles,
c'est dangereux, tu as fais une faute grave!

J'ai laissé la jeune fille là bas,
 répondit-il, mais toi,
serais-tu encore en train de la porter?

Cheval blanc

Un pauvre paysan suscitais la jalousie des plus riches du pays parce qu'il possédait un cheval blanc extraordinaire.
Chaque fois qu'on lui proposait une fortune pour l"animal, le vieillard répondait :

"Ce cheval est beaucoup plus qu'un animal pour moi. C'est un ami, je ne peux pas le vendre."

Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l'étable vide donnèrent leur opinion : "Pauvre idiot, il était prévisible qu'on te volerait cette bête. Pourquoi ne l'as-tu pas vendue ? Quel malheur!" Le paysan se montra plus circonspect : "N'exagérons rien. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l'étable. C'est un fait. Tout le reste n'est qu'une appréciation de votre part. Comment savoir si c'est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu'un fragment de l'histoire."
Les gens se moquèrent de lui, ils le concidéraient depuis longtemps comme un simple d'esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n'avait pas été volé, il s'était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade.
Les villageois s'attroupèrent de nouveau : "Tu avais raison, ce n'était pas un malheur, mais une bénédiction." " Je n'irais pas jusque là, fit le paysan, contentons-nous de dire que le cheval est revenu. Comment savoir si c'est une chance ou une malchance ? Ce n'est qu'un épisode. Peut-on connaître le contenu d'un livre en ne lisant qu'une phrase ?"
Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier ?

Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L'un d'eux le jeta par terre et le piétina. Les villageois commentèrent : "Pauvre ami! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t'ont pas porté chance. Voici que ton fils est estropié. Qui donc t'aidera dans tes vieux jours? Tu es vraiment à plaindre."
"Voyons, rétorqua le paysan, n'allez pas si vite. Mon fils a perdu l'usage de ses jambes, c'est tout. Qui dira ce que ça nous a apporté ? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l'avenir."
Quelque temps plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes gens du village furent enrôlés dans l'armée, sauf l'invalide. "Vieil homme, se lamentèrent les villageois, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi tandis que nos fils vont se faire tuer." "Je vous en prie, ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l'armée, le mien reste à la maison,
c'est tout ce que nous puissions dire."